*
*C'est officiel (je l'ai lu dans le journal), et je vous l'annonce sur un ton des plus solennels : accrochez-vous, nous allons changer d'heure.
Mais pourquoi ?
La Terre a besoin de faire une petite pause pour huiler ses mécaniques ? Non. Les fuseaux horaires vont être décalés d'un rang ? Aux dernières nouvelles, non. Nous allons simplement avancer d'une heure, pour entrer dans « l'heure d'été » (où est le soleil dans tout ça, j'vous l'demande !). Vraiment, ce concept est génial, super original, et même carrément audacieux : rendez-vous compte, on aurait donc un pouvoir sur le temps ! Je n'en reviens pas. On pourrait maîtriser ses aiguilles qui, bien que minuscules, régissent nos vies du lever au coucher ? Je m'étonne, je m'étonne... puisque, finalement, toutes ces petites angoisses du retard ou de l'ennui sont des inventions purement humaines ! Après tout, je ne suis pas obligée de dîner quand la petite aiguille pique le huit et la grande le douze. Si j'ai faim, j'ai faim ! Mais, si je me sens comme hors-la-loi quand je me couche à 4h du matin, c'est parce que la toute première chose dont on nous gratifie dès que l'air a gonflé nos poumons, et avant même notre nom, c'est une date de naissance. Un jour précis, qui dépend des heures, des minutes, des secondes,... Après ça, c'est parti pour des années et des années à fuir et à courir après le temps, à coup de crèmes antirides ou de sprints forcés.
Enfin, tout ça pour dire que samedi soir, chacun devra donner une heure de plus aux montres, horloges, ordinateurs, portables et autres engins boulimiques de chiffres, et qu'il se verra, accessoirement, dans l'obligation de se reprogrammer soi-même.
Oui, vous avez bien compris, on nous vole (ni vu ni connu) une heure de sommeil.
J'ai envie de dire :
« J'suis vraiment obligée de la régler, ma montre ? »
Anne-Charlotte B.
Qu'est-ce que vous attendez ?*