Des flacons de vernis, j'en ai des tas. Tous plus beaux les uns que les autres. Je les aligne soigneusement sur l'étagère de ma salle de bain, si fière d'avoir en ma possession les couleurs les plus tendances du moment (j'ai vu les pubs à la TV). Quel choix, moi qui n'en mets qu'une fois tous les deux mois, quand j'ai le temps (et surtout quand je n'ai pas la flemme) !
Mais, aujourd'hui, je me suis enfin décidée, JE VAIS ME METTRE DU VERNIS A ONGLES ! Alors j'hésite lonnnnnguement sur la teinte : le « rayon aqua » à franchement viré au vert genre algue enfouie dans la vase, et le violet là, il fait trop Dracula (mais pourquoi j'ai acheté ça ?)... Je suis perplexe. Soudain, je vois un petit flacon, tout beau, tout neuf, qui me semble approprié : ce sera donc un « rose grenadine version disco » (j'ai arraché l'étiquette en l'ouvrant, alors pour le nom, j'ai improvisé). Le flacon, je le tiens, je ne le lâche plus.
C'est bon, je suis prête, mes ongles sont coupés, limés, et frétillent d'impatience. Moi ? Je respire un grand coup, et j'organise mon plan de travail avec le matériel indispensable à l'opération, à savoir : du dissolvant (au cas où...), des cotons (pour le gros ½uvre) et des conton-tiges (pour les finitions). Ça y est, cette fois, c'est parti ! Je secoue le flacon, j'extrais le pinceau chi-rur-gi-ca-le-ment, je dose à l'½il (on verra bien) et... j'applique. Tout se passe bien, je m'épate. Mis à part deux ou trois petites retouches à la pointe du coton-tige, mes doigts sont beaux. Si, si,...ils me plaisent comme ça, ils sont plus gais, et moi aussi !
Je me sens l'âme d'une professionnelle, alors, plutôt fière de moi, j'enchaîne avec mes petons. Et là, horreur, j'ai oublié de prendre mes super-écartes-orteils-pour-pas-en-foutre-partout ! Je cours donc jusqu'à la salle de bain, et, avec une infime délicatesse, je plonge ma main dans le petit panier du fond. Evidemment, je ne suis pas tombée dessus tout de suite, mais avec un peu de patience (et surtout beaucoup d'angoisse), je les attrappe. Je vérifie le bout de mes dix doigts, et je m'aperçois que, dans la bataille, mon index gauche à été mortellement blessé. Après un « mer... ! » de circonstance, je constate les dégâts, et mon diagnostic tombe : « C'est sans espoir, il est foutu... ». Il me faut donc intervenir, et urgemment, car ce doigt mal en point menace ses confrères, qui, à ses côtés, ne paraissent plus si beaux. Aucun problème, me dis-je, je vais arranger ça. Seulement, j'aurai dû m'abstenir, parce que le petit accident de départ est en passe de se transformer en massacre esthétique. En effet, en voulant retirer le vernis de mon index, mon disque de coton bas de gamme à décidé, à mon insu, de customiser mon pouce et mon majeur de petites fibres blanches. Cette fois, c'est bon, j'en ai marre ! Dans un élan de destruction incontrôlable, je noie un coton de dissolvant et j'entreprends d'enlever cette saleté de vernis qui colle (partout, sauf à mon coton, bien sur).
A chaque fois c'est la même chose, ça doit être pour cette raison que je ne mets jamais de vernis (je m'en suis encore convaincue). Mais je me connai, je ferais d'autres (vaines) tentatives, et, alors que je serais à deux doigts de réussir, le téléphone va sonner, le facteur va m'apporter un colis qui ne rentrera pas dans ma boîte aux lettres,...bref, il faut que je me fasse à l'idée que mes ongles sont plus jolis au naturel. D'un côté, tant mieux, ça me permettra d'ouvrir mes boîtes de thon et de faire la vaisselle à pleines mains, et pas du bout des doigts.
Qu'est-ce qu'on peut se compliquer la vie parfois !
Anne-Charlotte B.
Un jeu pour se défouler,
et enfin réussir une belle mise en beauté de ses mains et de ses pieds :
Stylin' Stuff
Un passage dans la salle de bain qui vire au cauchemar ?
J'attends vos confessions !